Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

lundi 5 février 2018

Bataille de l'Utus

Les dieux infernaux avaient certainement passé un pacte avec Attila. Le 27 janvier 447, juste après midi, un terrible séisme destructeur s'était abattu sur la Thrace. Les réserves de nourriture étaient détruites, une partie de l'orgueilleuse enceinte de Constantinople était ruinée. Quelle belle occasion pour les Huns de pressuriser d'avantage l'Empire romain d'Orient en pillant et rançonnant ses villes !


Attila réunit son armée. Il franchit le Danube avec ses terribles archers à cheval, accompagnés de ses vassaux.





L'armé romaine est rassemblée à Marcianopolis, sous le commandement du Magister Militum per Thracia, le Goth Arnegiscle. Sa mission est d'intercepter et de détruire définitivement la menace qu'Attila et ses séides font peser sur l'Empire.


La rencontre se déroule en Dacie ripuaire, près de l'Utus, un affluent du Danube.



Face aux barbares, l'armée romaine se déploie
Les Huns attaquent sur les ailes, laissant le centre aux Germains
  Un groupe de clibanaires romains prend appui sur le village pour éviter d'être enveloppé...
...par les nuées insaisissables des cavaliers hunniques
Les Huns sont trop mobiles, trop rapides...
...et la maigre cavalerie légère romaine ne fait pas le poids
 Les "Illyricanii" sont submergés, sous les yeux impuissants des clibanaires...
 ...et de la trop lourde infanterie, encore trop éloignée
Sur l'autre aile, les "Sagitarii" se retrouvent piégés, et succombent
Les ailes romaines réduites au silence,  l'infanterie est désormais la cible des Huns
Seuls les cataphractaires représentent une menace potentielle pour les barbares...
...mais les cavaliers romains hésitent à intervenir
...alors que les cavaliers montés hunniques continuent leur manège infernal...
...aidés pour cela par leurs supplétifs germaniques, qui investissent le village
C'en est fini de l'armée romaine, littéralement écrasée

La  route de Constantinople est désormais ouverte pour Attila, qui non seulement pourra faire main basse sur des richesses considérables, mais pourra imposer un tribut élevé assurant son avenir et celui des siens.

mardi 30 janvier 2018

Coulez le Prince of Wales !


Nous sommes le 10 décembre 1941, dans le Sud de la mer de Chine. Le HMS Prince of Wales et le HMS Repulse, les fleurons de la Royal Navy en Asie du Sud-Est rentrent vers leur base de Singapour après avoir passé 48 heures en mer à la recherche d’une flotte d’invasion japonaise. Celle-ci a déjà rempli sa mission, les troupes d’infanterie nippone ont débarqué à Singora, dans le Sud de la Thaïlande et se sont repliées au Nord vers la sécurité des ports thaïlandais. Néanmoins, le haut commandement japonais est au courant de la présence des navires britanniques en mer et veut à tout prix les mettre hors d’état de nuire. En effet, le Prince of Wales fait une peur bleue aux Japonais qui l’estiment supérieur à tous leurs navires, y compris leurs cuirassés les plus modernes.


L’amiral Philipps, commandant la petite flotte anglaise, a ordonné le silence radio et n’a informé personne de sa position. Aucune protection aérienne alliée n’est donc allouée à la force Z alors que des sous-marins japonais la suivent depuis le début de la nuit du 9 au 10 décembre. Une première vague de bombardiers japonais a déjà été envoyée dans la nuit mais n’a pas pu repérer les deux navires.

Vers 11h00, une deuxième vague de torpilleurs, escortés par des Zero, s’approche des navires anglais.

 
La force Z, vue à travers les nuages matinaux, tente désespérément de s’échapper  








C’est alors que surgit une patrouille de Brewster Buffalo de l’aviation royale néerlandaise, qui patrouillait au large de la Malaisie.
   




Immédiatement les Brewster se ruent vers les Japonais pour essayer de détourner les bombardiers de leur cible, mais la première passe frontale a  endommagé déjà un des chasseurs néerlandais.




















Les deux autres Buffalo tentent de semer le désordre au milieu des torpilleurs...
...mais là aussi, le tir défensif des Kate est efficace...
...et un premier Buffalo s’écrase dans les flots… 
Les Néerlandais dispersent néanmoins la vague d’assaut des torpilleurs et perturbent leur approche
Les Kate se retrouvent rapidement en position pour lancer leurs torpilles sur le Prince of Wales 
Le navire est touché à l’arrière, et compte des dégâts importants
Dans les airs la mêlée devient générale

Les chasseurs japonais engagent les Brewster dans un combat tournoyant. La densité d’avions est très forte et une collision entre deux chasseurs est fatale à ceux-ci. Les ailes se brisent, les réservoirs explosent et une boule de feu illumine le ciel, qui devient alors relativement plus dégagé.

Les Kate en profitent pour se diriger vers le HMS Repulse qui a pour l’instant réussi à se tenir hors de portée des torpilles
Malgré sa DCA le Repulse encaisse un premier coup, alors que le Prince of Wales continue de brûler
Dans un effort désespéré, le dernier chasseur néerlandais engage les torpilleurs encore armés...
… mais se retrouve lui-même chassé par les zéros, plus maniables et mieux armés

Malgré leur robustesse, le score est sans appel et les Brewster Buffalo sont descendus les uns après les autres. La voie est libre pour les torpilleurs qui achèvent les deux navires britanniques. La Force Z est anéantie, le cuirassé et le croiseur de bataille sont coulés et la mer de Chine devient chasse gardée pour la marine japonaise, au moins pour quelques mois.

mardi 16 janvier 2018

14 mai 1787 - Bataille de La Praia

En 1778, la France entre dans la guerre d'indépendance des États-Unis.

A la fin de l’année 1780, la Grande-Bretagne, de son côté, avait déclaré la guerre aux Provinces-Unies après que les Hollandais aient refusé de cesser le commerce avec le royaume de France et les colonies américaines insurgées. C’est ainsi que le commodore Johnston reçu l'ordre de monter et conduire une expédition pour s'emparer de la colonie hollandaise du cap de Bonne-Espérance.




Le 13 mars 1781, Johnston quitta Spithead avec une flotte de trente-sept navires comprenant cinq navires de ligne, quatre frégates, un brûlot, une galiote à bombes et un nombre important de navires de la compagnie des Indes orientales comprenant entre autres des transports de troupes.


Au tout début du mois d’avril, la flotte mouilla pour se ravitailler en eau et en vivres dans le port neutre de Porto Praia de l’archipel des îles du Cap-Vert alors sous domination portugaise.


Trouvant une crique un peu à l’écart, plus abordable et tout aussi protégée, un petit nombre de bateaux du convoi suit l’impulsion donnée par le HMS Appolo, y mouille pour refaire les provisions en eau.

Il quitte alors la flotte de De Grasse, qui lui alloue au passage un vaisseau supplémentaire et fait voile rapidement vers le Sud.

L’Artésien qui devait initialement se rendre aux Amériques avec le comte de Grasse, avait besoin de se ravitailler en eau. Aussi le 16 avril, la flotte française marqua un temps d'arrêt à l'approche de l'île de Santiago (Cap-Vert), puis Suffren donna l'ordre à l’Artésien d'entrer dans le port qui était un lieu traditionnel d'escale pour les navires faisant route vers les Indes orientales.


Les vigies anglaises réagissent promptement à l’apparition d’un vaisseau de guerre non identifié, et les capitaines rejoignent en toute hâte leurs navires respectifs.

Johnston réalise rapidement que rejoindre le HMS Hero lui prendra bien trop de temps et ordonne à son capitaine de ne pas l’attendre tout en rejoignant lui-même le HMS Romney, sur lequel il avait navigué comme capitaine pendant de nombreuses années.

De son côté, l’Artésien arrivant en rade réalise à qui il a affaire et signale immédiatement ses informations au bailli de Suffren.

Ce dernier ne tarde pas à mettre sa flotte en ordre de bataille et se lance toutes voiles dehors dans la baie, prêt à en découdre en profitant de l’effet de surprise.

Nous avons rejoué cette rencontre avec la règle "Pavillon du Roy", écrite par un des membres de notre club, et pratiquée maintenant depuis près de deux ans. Cette bataille, qui est la première testée d'une telle envergure, a regroupé six joueurs.


Suffren a séparé sa flotte en deux lignes qui se rapprochent, tandis que ses frégates rasent la côte pour faire un maximum de dommages aux petits bâtiments tentant d'appareiller.

La manœuvre semble réussir, d'autant plus que le HMS Appolo a des difficultés dans ses opérations d'appareillage.



La surprise de l'attaque française provoque le chaos recherché : les navires du convoi de la compagnie des Indes appareillent en désordre, chacun, à part les plus armés,  recherchant son salut dans la fuite; les navires de George Johnston ont, quant à eux, du mal à manœuvrer au milieu des commerces qui les gênent et ne peuvent donc former de ligne de bataille satisfaisante.





Ils finissent par former une ligne de front qui fera le bonheur des vaisseaux français.


La ligne la plus à terre (composée du Vengeur (64), de l'Artésien (64) et de l'Annibal (74)) est stoppée par le courageux HMS Monmouth (64) qui vient rechercher l'abordage avec le Vengeur.




Un peu plus tard, l'Artésien est pris à partie par trois Anglais, mais sans succès véritable...
A l'avant, la frégate française "la Fine", toutes voiles dehors, essaye de se rapprocher de la sortie du mouillage pour intercepter les fuyards. En chemin, une canonnade aussi violente que rapide avec les deux navires amiraux adverses s'ensuit (celui de Johnston et l'Asia de la Compagnie).

Elle ne l'empêchera pas toutefois de poursuivre sa route.



Du côté des vaisseaux engagés, la bataille commence à prendre une nouvelle tournure. Malgré la capture du HMS Monmouth par l'abordage conjoint de l'Annibal (74) et du Vengeur (64), les Anglais commencent à reprendre le dessus.


En bas ici, on assiste au duel entre les deux héros (le Héros (74) vaisseau de Suffren, et le HMS Hero (74)) qui ne fera que fixer ces deux navires majeurs de la bataille sans résultat significatif.






Le résultat final a été plus proche de l'histoire, Suffren remportant une victoire stratégique. Néanmoins, cette victoire lui aura coûté plus cher, et même si le Cap est sauvé, le convoi anglais grandement endommagé et le convoi de renforts français arrivé à bon port, les renforts navals pour les Indes orientales en revanche seront plus maigres que ceux attendus. On peut donc parler de victoire partielle française.